SIdO 2016 - 1 : IoT, tendances et perspectives

Par Christian,
dans Actualité digitale

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Selon le cabinet IDC, le marché de l’Internet des objets devrait peser 1,7 milliard de dollars en 2020, soit une croissance annuelle moyenne de 17%. C’est dans ce contexte que le SIdO, Showroom de l’Internet des Objet, a ouvert ces portes les 6 & 7 avril derniers à lyon. L’envergure du salon lyonnais ne se dément pas pour sa 2ème édition : nombre de participants et de professionnels, renommée des speakers ou encore réalisme des projets proposés, font de ce rendez-vous l’indicateur de l’état de l’art de l’économie connectée en France, et même un peu plus loin… ! En effet, on peut difficilement faire se déplacer Shawn DuBravac, Chief Economist de la Consumer Electronics Association (CEA) américaine sans pouvoir se reposer sur un écosystème pertinent, dynamique et attractif.

La maturité de l’écosystème français est une réalité, et celui-ci est souvent salué* : comme le rappelait Shawn DuBravac « L’un des points positifs sur lequel l’innovation en France peut s’appuyer, est à mon sens la solidité de la communauté de startups, notamment dans le domaine de l’Internet des objets. La communauté française de l’IoT est probablement plus important ici que dans n’importe quelle autre zone géographique. Elle arrive avec des nouvelles approches, des nouvelles idées pour conquérir le marché. »

En parlant d’IoT, les speakers de cette deuxième édition ont (trop ?) souvent mais naturellement glissés vers les concepts de protections des données, de protections des données, de protections des données et…d’intelligence artificielle. Par ce que l’idée d’un monde digital démultiplié dans des milliards d’objets, de capteurs ou de données, fait remonter l’ombre de Big Brother depuis notre inconscient collectif jusqu’à la surface de nos conversations.

L’effervescence médiatique au sujet de l’IoT cache souvent le fait que nous sommes encore situés dans un moment avant l’adoption massive par les consommateurs alors que le marché est mûr. Même si les prévisions semblent gigantesques, le moment de la courbe dans lequel nous nous situons semble, comme tous les temps de démarrage, bien trop long.

Lors d’une des tables rondes du SIdO, la designer Alexandra Deschamps-Sonsino a demandé au 200 personnes présentes combien avaient déjà fait l’acquisition d’un objet connecté, seules 13 personnes se sont manifestées dans un public pourtant acquis à la cause. Cela montre le fossé restant à combler entre le fantasme généré par le secteur IoT et la réalité du marché économique actuel à ce sujet.

Ce qui a marqué les débats c’est la lenteur du taux d’adoption des objets connectés par le grand public, nous en parlerons plus loin en détail mais de nombreux intervenants ont rappelé que le démarrage d’une courbe exponentielle est toujours très lent. Mais ce temps est l’occasion de l’affutage des business models de la part des entreprises de l’IoT. Comme le rappelait Patrice Slupowski, VP digital innovation chez Orange, tant que le game changer n’est pas là on croit avoir le temps, mais quand il est là c’est trop tard Tout le monde remarque que les retailers proposent un rayon « objets connectés » qui est plus l’occasion de faire rêver le consommateur et de le préparer, d’installer le produit dans la sphère conso. De manière un peu provocante mais finalement assez juste, Rafi Haladjian (Sen-Se) remarquait que pour l’instant l’internet des objets est encore l’internet des cadeaux de Noël ou d’anniversaire… Quand on arrêtera de parler d’IoT c’est qu’ils seront assimilés… Nous sommes un peu retourné à l’époque du début du web !

Dès lors, le marché de l’IoT est-il voué à n’être nouvelle bulle économique supplémentaire dans un monde en quête de nouveaux eldorados ? Ce qui se cache derrière cette question c’est le souvenir des spéculations qui avait touché les sociétés à forte croissance mais faible rentabilité de la fin des années 90.

Le contexte n’est pas le même. L’IoT est finalement plus une évolution du digital et non une rupture radicale dans la chaine d’innovation de l’histoire, aucune société d’IoT n’est en mesure de rivaliser actuellement avec la taille d’entreprises de type GAFA. Enfin, la bataille réelle se situe surtout au niveau des protocoles de communication (Sigfox, LoRa…).

Finalement, en parlant d’IoT, la question que nous devons nous poser n’est pas de savoir si l’internet des objets à du sens mais plutôt, pour reprendre l’exemple de l’Apple Watch employé par Shawn DuBravac, est-ce que l’internet sur le poignet a du sens ? L’usage et le contexte doivent guider les modèles de conception comme l’adoption d’une solution est réelle et non forcée par la mode ou la nouveauté. La prochaine étape sera l’adoption plus large des technologies par le consommateur. Cette phase va conditionner le décollage économique réel de ce marché.

Référence :

* Maxime Hanssen. Shawn DuBravac (CES Las Vegas) : « L’écosystème français de l’innovation est mature » [En ligne]. Acteurs de l’économie, 07 avril 2016 [consulté le 07 avril 2016]. http://acteursdeleconomie.latribune.fr/debats/grands-entretiens/2016-04-07/shawn-dubravac-ces-las-vegas-les-defis-mondiaux-generaliseront-l-usage-des-objets-connectes.html

par Christian

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