L’essor exponentiel des usages numériques — cloud, sites web, applications, vidéos, et plus récemment cryptomonnaies et intelligence artificielle — interroge l’impact environnemental des centres de données (datacenters). Les green data centers se positionnent comme une alternative plus vertueuse. Nous vous proposons d’en décrypter les principaux indicateurs environnementaux.
OVH, Orange, Amazon, 1&1, IONOS… le marché de l’hébergement regorge d’acteurs majeurs. Mais derrière cette diversité d’offres se cachent des écarts importants, non seulement en termes de performance et de coûts, mais aussi d’empreinte environnementale.
Dans cet univers foisonnant, le prix guide souvent les décisions.
Et si, désormais, l’impact environnemental des datacenters devenait un critère clé de sélection ?
Repères
En 2022, le numérique représentait 4,4% de l’empreinte carbone en France, dont 46% attribuée aux datacenters. Source : ADEME et ARCEP, novembre 2024.
Les perspectives pour la France, montrent une augmentation très rapide de la consommation électrique due aux datacenters à moyen terme qui pourrait représenter 6% de la consommation d’électricité en France en 2050.
Les datacenters sont aussi de grands consommateurs d’eau, utilisée pour le refroidissement des équipements. Pour l’année 2023, Google dévoilait avoir prélevé près de 19 milliards de litres d’eau potable, soit environ 21 piscines olympiques d’eau par jour.
Indicateurs de mesure
Les hébergeurs valorisent bien souvent l’empreinte environnementale de leurs datacenters sur un seul critère, le PUE – Power Usage Effectiveness, qui représente la performance énergétique.
Il se calcule en divisant la consommation totale du datacenter par la consommation des serveurs.
Ce critère reste important, mais n’a pas de grande valeur pris isolément.
En France, en 2020 la valeur moyenne du PUE des datacenters était de 1,7.
Pour illustrer ce concept PUE avec un exemple simple, prenons le cas de nos ampoules.
Pour une ampoule classique (ampoule à filament / à incandescence), la majorité de l’énergie consommée est convertie en chaleur. Alors que la finalité est bien de produire un flux lumineux (exprimé en Lumen).
Une ampoule à LED utilise au contraire la majorité de l’énergie qu’elle consomme pour produire le flux lumineux. La PUE d’une ampoule à LED est environ 10 fois plus faible que celle d’une ampoule classique.
La consommation d’eau d’un datacenter est représentée par le WUE – Water Usage Effectiveness. Il se calcule en divisant la consommation totale d’eau de ville par la consommation électrique des serveurs. Les datacenters les plus performants peuvent avoir un WUE à 0. Soit par l’utilisation d’autres systèmes de refroidissement que l’eau, soit en fonctionnant en circuit d’eau fermé en puisant dans des nappes phréatiques.
L’impact carbone fait l’objet d’un critère CUE – Carbon Usage Effectiveness, calculé en divisant les émissions de CO2 par la consommation électrique des serveurs.
Nous disposons dès lors de 3 critères d’évaluation représentatifs de l’énergie consommée, de la consommation d’eau, et des émissions carbone.
Il faut ajouter à ces paramètres une information inhérente à la source d’énergie utilisée. Le critère REF – Renewable Energy Factor permet d’évaluer le taux d’énergies renouvelables utilisé dans le datacenter.
Un datacenter disposant d’un REF de 100% utilise exclusivement des énergies renouvelables.
D’autres critères entrent également en comme la réutilisation de l’énergie issue du datacenter (ERE, Energy Reuse Effectiveness), la réutilisation de chaleur (ERF – Energy Reuse Factor).
L’ensemble des critères décrits est représentatif de l’impact environnemental d’un datacenter pour son fonctionnement. Nous devons à présent porter notre attention sur d’autres facteurs.
Prendre en compte le cycle de vie des centres des données
Les démarches d’éco-conception doivent prendre en compte l’ensemble du cycle de vie des systèmes avec une approche d’Analyse de Cycle de Vie – ACV.
La construction d’un datacenter consomme de grandes quantités de ressources pour les matériaux de fabrication du bâtiment, le chantier de construction, la fabrication des serveurs, des composants réseaux…
Certains hébergeurs font le choix de réhabiliter des bâtiments existants plutôt que de construire. C’est le cas du premier green datacenter Européen de notre partenaire d’hébergement, mis en place en 2011, qui a été installé dans une ancienne usine destinée à irradier des hélices de sous-marins.
La durée de vie des composants (serveurs, équipements réseaux) est à considérer, tout autant que leur recyclage.
En somme…
Notre consommation croissante de contenus et services numériques impose une optimisation permanente des datacenters qui nous les délivrent.
Pour illustrer les moyens pouvant être mis en oeuvre, nous vous proposons de découvrir une partie des dispositifs mis en place par notre partenaire d’hébergement signataire du « Code of Conduct for Energy Efficiency in Datacenters » :
- Optimisation permanente de consommation d’électricité grâce aux capteurs qui permettent de mesurer et d’ajuster les seuils de fonctionnement
- Réhabilitation complète d’un bâtiment industriel existant
- Utilisation de la géothermie pour dissiper la chaleur
- Utilisation d’un gaz non polluant pour système d’extinction incendie
- Allongement de la durée de vie et recyclage des équipements
- Bâtiment équipé de panneaux solaires sur les façades et le toit
- Cloisonnement des salles serveurs en «cube» (hot corridor) pour un refroidissement plus performant et moins énergivore
- Utilisation d’équipements éco-responsables : transformateurs à huile végétale, onduleurs à haut niveau de rendement, variateurs de puissance, etc.
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Article paru dans l’Our(s) – Le média de la communication Auvergne-Rhône-Alpes